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Jeu, Fév

En Côte d'Ivoire, la libéralisation promise du secteur de l’audiovisuel se fait toujours attendre.

Culture

En Côte d’Ivoire, 71e au classement mondial 2019 de la liberté de la presse, la libéralisation promise du secteur de l’audiovisuel se fait toujours attendre.


Le bilan annuel, publié mardi 17 décembre 2019, par Reporters sans frontières (Rsf), fait état de 49 journalistes tués, 389 en détention arbitraire et 57 sont otages. Il convient de se réjouir pour cette baisse inédite depuis seize ans, surtout dans les zones en conflit selon Christophe Deloire, Secrétaire général de Rsf.  La moyenne annuelle depuis deux décennies est de 80. Cependant, il fait remarquer que pour les journalistes, la frontière entre les pays en guerre et en paix est en train de disparaître.
Le nombre de journalistes tués au Yemen, en Syrie et en Afghanistan constamment en conflit est largement en baisse : dix-sept pour l’année 2019 contre 34 l’an dernier. Alors qu’au Mexique, en Amérique latine en général, le nombre croit au fil des années. Vingt-quatre cas ont été enregistrés cette année, dont dix pour le Mexique seul. Pour Christophe Deloire, c’est un défi pour ces pays dits démocratiques dont sont issus ces journalistes. Au Mexique, peut-t-on lire sur le site de Rsf, « la collusion entre le crime organisé et certaines autorités politiques et administratives menace gravement la sécurité des acteurs de l’information et entrave le fonctionnement de la justice à tous les niveaux du pays ».

Au niveau des détentions arbitraires, un autre fait inquiétant relevé par le bilan annuel de Rsf, la chine est en tête du classement avec un tiers des journalistes en prison, suivie par l’Égypte et l’Arabie saoudite. Ces trois pays ont dans leurs geôles près de la moitié des cas de détentions enregistrés par Rsf.
En ce qui concerne la Côte d’Ivoire, 71e au classement mondial 2019 de la liberté de la presse, Rsf note « un progrès avec la nouvelle loi sur la presse qui précise qu'aucun motif ne justifie l'emprisonnement de journaliste. Cependant il y a des dispositions plus liberticides, comme le délit d’offense au chef de l’État ou la possibilité d'engager des poursuites pour diffamation pour des faits, même vérifiés, s'ils concernent la vie privée de la personne. Aussi, la libéralisation promise du secteur de l’audiovisuel se fait-elle toujours attendre, et malgré les promesses du président ivoirien, aucune avancée notable n’a été enregistrée dans l’enquête concernant la disparition, il y a 15 ans, du journaliste Guy-André Kieffer ».

                                                                                                      Franck TAGOUYA