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Lun, Mar

Economie

L'ancien Pdg accuse Nissan de l’avoir renvoyé illégalement. La justice devra trancher entre Nissan et son ancien directeur général, Carlos Ghosn, qui se font passer chacun la victime de l’autre.

La société Nippone a assigné Carlos Ghosn en Justice devant un tribunal civil de Yokohama au Japon, le mercredi 12 février 2020 et réclame réparation d’un montant de 83 millions d’euros pour tous les torts que son ex-Pdg lui a causés. Ghosn, quant à lui, réclame de son ex-employeur, 15 millions d’euros pour rupture abusive de contrat à travers une procédure aux Pays-Bas, dont la première audience a eu lieu le lundi 10 février 2020, à Amsterdam.

Nissan justifie cette somme à titre de dommages et intérêts pour ‘’les mauvaises conduites et les activités frauduleuses’’ de son ex-patron. Le constructeur déclare qu’il a subi des dépenses à cause des pratiques ‘’corrompues’’ de Carlos Ghosn dont la somme évoquée ne représente qu’une partie insignifiante. Ces pratiques sont, entre autre, l’usage de résidences à l'étranger sans payer de loyer, l’utilisation des jets, selon Nissan, à des fins privées mais aux frais de l'entreprise. Aussi payait-il à sa sœur ainée, des services de conseil qu’elle n’a jamais fournis. A ces dépenses s’ajoutent « les coûts de la vaste enquête interne de Nissan à l'encontre de Ghosn et les frais de procédures du Groupe dans ce dossier au Japon, aux Etats-Unis ou encore aux Pays-Bas ». Et ce n’est pas fini. Le groupe va subir bientôt « des sanctions financières dans cette vaste affaire ». Aussi, Carlos Ghosn s’est-il fait coupable de diffamation contre le constructeur nippon depuis qu’il est arrivé au Liban, fin décembre. Il est accusé d’avoir violer les conditions de sa liberté sous caution au Japon, alors qu’il prétend s’être échappé de l’injustice, lors de sa longue conférence au lendemain de son arrivée à Beyrouth, devant 150 journalistes sélectionnés par ses services.

Nissan poursuit également son ancien patron devant le tribunal civil des îles Vierges britanniques, pour des faits de détournement « des fonds du Groupe pour acquérir un yacht ». Les proches Carlos Ghosn pensent que son ex-employeur, Nissan, continue ses manœuvres. Ses avocats devront réagir sur le fond de la plainte de Nissan quand on leur notifiera le contenu précis. L'ancien Pdg accuse Nissan de l’avoir renvoyé illégalement. Ses avocats annoncent que leur client est « prêt à se battre » pour laver son nom et obtenir réparation. Ils ont souligné par ailleurs que cette plainte est rendue publique à la veille des résultats financiers du Groupe et quelques jours après la tenue de la première audience publique devant la cour d’Amsterdam. Il a engagé une poursuite contre l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi Motors et exige le paiement d'une "retraite-chapeau", d'un montant brut de près de 800.000 euros par an et quelque 15 millions d'euros en actions.

Franck TAGOUYA
Sources: agefi.com; lefigaro.fr; capital.fr