07
Sam, Déc

Djéni Kobina, 1er Secrétaire général du Rdr

Politique

Les nouveaux arrivants sont le plus souvent éjectés des partis pour lesquels ils ont quitté les leurs, puis c’est la disette, le dénuement qui finit par emporter certains.


Les dissensions entre le Pdci-Rda et le Rassemblement des Républicains (Rdr), unis depuis 2005 dans le Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp), coalition au pouvoir en Côte d’Ivoire ; dans la mise en œuvre du parti unifié Rhdp, se font de plus en plus jour.  Le 03 juillet 2018, des ministres, nommés sous la bannière Pdci-Rda, qui voulaient sans doute, rester dans le gouvernement, alors qu’Alassane Ouattara, Président de la République, a annoncé un remaniement ministériel de longue date, ont créé un ‘’mouvement’’ dénommé sur les traces d’Houphouët-Boigny. Au 1er rang des invités : les ministres Kobenan Kouassi Adjoumani, Siandou Fofana, Abinan Kouakou, Amédé Kouakou, Goudou Raymonde etc.

Quelques semaines avant, Alassane Ouattara leur aurait demandé de se déterminer et d’afficher clairement leur position par rapport à la mise sur pied, ici et maintenant, du parti unifié ; rappelant sans cesse que le gouvernement qu’il mettrait sur pied par la suite, serait un gouvernement Rhdp ; c’est-à-dire composé de militants de partis qui ont accepté le Rhdp, parti unifié. Surtout que le Bureau politique du Pdci-Rda, réuni le 17 juin 2018 avait décidé de reporter à 2020, sa participation aux travaux pour l’effectivité du Rhdp, parti unifié.

Henri Konan Bédié, président du Pdci-Rda, réagissant à la création du ‘’mouvement’’ d’Adjoumani, avait pondu une déclaration, indiquant que son parti n’admet pas de mouvement, ni courant en son sein.
Aujourd’hui, ces militants (ministres, présidents d’institutions, directeurs généraux…), sont déterminés et veulent créer le schisme au niveau du Pdci-Rda, leur parti, comme Djéni Kobina en 1994 qui a vu la création du Rdr. Ils invitent leurs partisans à participer à la création du Rhdp, parti unifié, le lundi 16 juillet 2018, à l’hôtel ivoire d’Abidjan, sans Bédié et le Pdci-Rda.

Du coup, beaucoup se rappelle le sort réservé aux transhumants  politiques depuis le retour au multipartisme en Côte d’Ivoire en 1990. Après Djéni Kobenan, d’autres personnalités de ce parti ont quitté le parti d’Houphouët-Boigny. Des rumeurs folles, jamais démenties, circulaient, avant sa mort, sur la démission de Djéni du Rdr, dépité, raconte-t-on, par le manque de considération par ses camarades, du Secrétaire général qu'il était. Ce sont, entre autre, Jean Jacques Béchio, Laurent Dona Fologo (qui, après avoir flirté avec Laurent Gbagbo et été nommé président du Conseil économique et social, a créé son parti le Rppp. Après la perte du pouvoir par Gbagbo, il a signé son retour au Pdci, en lorgnant du côté du Rdr). Il y a également Paul Yao Akoto (secrétaire général de l’Udpci de Mabri Toikeusse, avant d’être éjecté du secrétariat général). Mel Eg Théodore, ancien maire de cocody, a, lui aussi, créé son parti politique. Il n’est plus que l’ombre de lui-même. Aujourd’hui, la réalité est tout autre.

La quasi-totalité de ces transhumants tirent le diable par la queue. C’est également le cas au Rdr avec les Ayié Ayié Alexandre, Zémogo Fofana, Adama Coulibaly dit Adama champion, Jacqueline Oble, Grah Claire etc. Après avoir été exclu de ce parti pour avoir osé accepter un poste de ministre dans le gouvernement de Laurent Gbagbo, sans l’avis du Rdr, Zémogo Fofana, membre fondateur, a créé son parti. Il a été finalement repêché par son ancien parti, une fois parvenu au pouvoir, pour un poste de responsabilité, sans plus. Quant à Jacqueline Oble, ancienne ministre de la Justice au moment où Alassane Ouattara était Premier ministre d’Houphouët, elle vient d’être nommée, récemment au Conseil constitutionnel ; ce, après avoir milité dans La majorité présidentielle (Lmp) de Laurent Gbagbo, pendant la crise postélectorale (2010-2011), alors qu’elle était anciennement dans les hautes instances du parti à la case.


Le Front populaire ivoirien (Fpi), n’est pas en reste avec le départ des Anaky Kobenan, Georges Coffi, Blé Blé Charles, Mamadou Koulibaly et autre Ahoua Don Mello. Ce dernier qui a été exclu du parti pour avoir créé un courant, la Renaissance, est revenu au parti à la Rose, une fois parvenu au pouvoir en 2000. Anaky Kobenan qui avait créé le Mfa (Mouvement des forces d’avenir), a fini par être chassé de son propre parti, par des dissidents. Même le Parti ivoirien des Travailleurs (Pit), a connu sa vague de départs sous d’autres cieux ; notamment Angèle Gnonsoa, Attéby Williams et Appiah Kabran. Tout comme l’Udpci avec les Blon Blaise, Jean Gnédéa, Mme Tia Monnet (qui a créé son parti) etc.

Le moins qu’on puisse dire est que le résultat semble le même : les nouveaux arrivants sont le plus souvent éjectés des partis pour lesquels ils ont quitté les leurs, puis c’est la disette, le dénuement qui finit par emporter certains.
Le cas de Joël N’guessan mérite qu’on s’y arrête. Membre des instances du Pdci-Rda, l’ancien ministre chargé des Droits de l’Homme faisait partie des rénovateurs dudit parti avant d’atterrir au Mfa d’Anaky Kobena puis au Rdr. Aujourd’hui, l’ancien porte-parole du Rdr est chargé des Régions du Bélier et de Gbêkê. Une portion congrue !

Julien Gnalyi