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Jeu, Déc

Politique

Des auteurs de crimes peuvent échapper à la justice de l’homme mais ils répondront tôt ou tard de leurs actes devant la justice divine.


Quelles sont les actions menées par la coalition de la société civile ivoirienne pour la promotion de la Cour Pénale Internationale (Cpi) ? Telle était la problématique débattue au cours de la mission du Bureau de la Cpi en Côte d’Ivoire qui rencontrait les autorités administratives et populations de Dimbokro le 16 mai dernier. Au cours de cette rencontre qui s’inscrivait dans le cadre d’une campagne d’information et de sensibilisation, le chef de la délégation, Cheikh Touré a, dans son exposé liminaire, expliqué aux participants les mécanismes de cette juridiction internationale. La Cpi a été créée par des Etats du monde entier suite aux nombreuses victimes « innocentes » constatées après la seconde guerre mondiale. Son but essentiel est de mettre fin à l’impunité dans le monde tout en œuvrant pour la prévention des conflits, a-t-il expliqué. Par ailleurs, il a informé que cette juridiction internationale ne peut aucunement se substituer aux tribunaux des Etats. Réagissant sur la préoccupation d’un participant sur le cas Laurent Gbagbo et Blé Goudé en Côte d’Ivoire, il a laissé entendre que les textes de cette institution en la matière préservent l’autorité de chaque Etat d’exercer sa compétence pénale vis-à-vis des responsables de crimes internationaux.

L’intervention de la Cpi, a-t-il poursuivi, dans les dossiers des Etats, est consécutive à l’incapacité ou la non volonté de mener certaines enquêtes en vu de poursuivre des auteurs de crimes. Pour lui, l’idée selon laquelle la Cpi serait créer pour les Etats africains est injustifiée : « C’est en Afrique que les Constitutions sont peu respectées et que les valeurs humaines sont gravement bafouées et ce sont les Africains qui ont en grande partie contribué à la création de la Cour notamment celle d’un Bureau du procureur indépendant » a-t-i justifié. Cependant, il a déclaré que des auteurs de crimes peuvent échapper à la justice de l’homme mais qu’ils sachent qu’ils répondront tôt ou tard de leurs actes devant la justice divine. Alexis Noumé, Press Média de la coalition ivoirienne pour la promotion de la Cpi, note que sa structure a toujours été en contact permanent avec les parties ivoiriennes lors des crises.

Et que d’ailleurs, suite à leur médiation, l’Etat de Côte d’Ivoire, sous la gouvernance de Laurent Gbagbo, a reconnu la compétence universelle du Statut de Rome suivi de sa ratification plus tard, en 2013. Il a tenu à préciser : « La Cpi poursuit les enquêtes en Côte d’Ivoire et prend en compte les évènements depuis le 19 septembre 2002 » a-t-il indiqué. Les victimes étant au cœur du Statut de Rome, ils ont donc droit à une assistance et à une réparation. Dans ce sens, il existe un programme du Fonds au profit des victimes en Côte d’Ivoire, dirigé par madame Aude Le Goff.


E. ZOUHOMAN