Sidebar

19
Sam, Oct

Côte d'Ivoire: Commission électorale indépendante/Les propositions ‘’indécentes’’ du Pdci-Rda

Politique
Typographie

Des cadres du Pdci-Rda estiment que cette superposition de structures ‘’ne peut rien apporter à la transparence et à l'intégrité des élections’’.


La bataille pour une Commission électorale indépendante (Cei), qui rassure les acteurs politiques et les Ivoiriens avant les élections générales de 2020, après les violences des dernières élections municipales, est encore loin d’être gagnée.
Pis, depuis la publication des conclusions du dialogue du gouvernement avec certains partis politiques, à l’exclusion des plus significatifs qui ont opté pour un boycott (Pdci-Rda, Fpi, tendance Laurent Gbagbo…), on est pratiquement revenu à la case départ, d’avant les élections meurtrières de 2010 qui se sont soldées par une guerre postélectorale et qui a conduit l’ex-Président Laurent Gbagbo à la Cour pénale internationale, à la Haye (Pays Bas).
Au départ, une question de sémantique. Pendant que le gouvernement du Premier ministre Amadou Gon Coulibaly parle de recomposition de la Cei, conformément, selon lui, à l’injonction de la Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples (Cadhp) de l’Union africaine (Ua), l’opposition ivoirienne et la société civile parlent de réforme ‘’en profondeur’’ de la Commission en charge des élections pour être conforme avec l’Arrêt de la Cour africaine.
A l’arrivée, une décision du gouvernement qui divise plus que jamais la communauté ivoirienne.

Dans cette nouvelle mouture, il est préconisé, au titre de la Commission Centrale, le retrait des représentants de l’Assemblée Nationale et du Ministre de l’Economie et des Finances, ceux des deux (02) représentants des Confessions religieuses et l’augmentation du nombre des représentants de la société civile, qui passe de quatre (04) à six (06), dont quatre (04) pour les Organisations de la Société Civile, un (01) pour le Barreau et un (01) pour la Commission Nationale des Droits de l’Homme. A cela il faut ajouter la réduction du nombre des représentants des partis politiques, qui passe de quatre (04) à trois (03).
en ce qui concerne le Bureau, on note la réduction du nombre de postes de Vice-président, qui passe de quatre (04) à trois (03) et la réduction du nombre de postes de Secrétaire adjoint, qui passe de trois (03) à deux (02).

Quant  aux Commissions locales, la réduction du nombre des représentants des partis politiques, qui passe de quatre (04) à trois (03) est observée.
Par ailleurs, le gouvernement a donné son accord pour que les représentants du Président de la République et du Ministre en charge de l’Administration du Territoire ne soient pas candidats au poste de président de la Commission électorale.
Au terme donc de cette modification, la nouvelle Cei, version gouvernement ivoirien comprend quinze (15) membres pour la Commission Centrale, sept (07) membres pour le Bureau et sept (07) membres pour chacune des Commissions locales.
Pour le gouvernement d’Alassane Ouattara, ce projet de loi portant recomposition de la Cei est en adéquation avec
la recommandation de la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples contenue dans son arrêt en date du 18 novembre 2016, demandant à l’Etat de Côte d’Ivoire, la recomposition de la Commission Électorale Indépendante, ‘’en vue de la rendre plus équilibrée ‘’.

Depuis quelques jours, le Pdci-Rda d’Henri Konan Bédié, propose, pour une Cei ‘’véritablement indépendante et non partisane’’, la création de deux organes distincts :
1- une commission centrale composée exclusivement d’acteurs et personnalités non partisans (sans parti politique) chargé de la gestion opérationnelle des élections avec voix délibératives ; et
2- commission de contrôle composée des partis politiques du pouvoir et de l'opposition pour le contrôle et la supervision des opérations électorales.
Une proposition jugée ‘’indécente’’ par des cadres de ce parti, joint au téléphone.

Pour l’un d’entre eux, qui préfère garder l’anonymat, que signifie ‘’acteurs et personnalités non partisans’’ dans une société fortement politisée comme on a pu le constater lors de la crise post-électorale de 2010 et surtout maintenant où c’est la traque par tous les moyens, de tous ceux qui refusent de militer au Rhdp, parti unifié au pouvoir en Côte d’Ivoire ?
Pour un autre, cette superposition de structures ‘’ne peut rien apporter à la transparence et à l'intégrité des élections’’.
En outre, le Pdci-Rda fait de l’appel à candidature au poste de président de la Cei, son cheval de bataille. Qui va réceptionner les candidatures et organiser l’appel d’offre ? Le ministère de l’Intérieur, qui gère les questions d’élections, la Cedeao, l’Ue, l’Ua, l’Onu, la Banque Mondiale, le Fmi ou la Bad ? s’interroge notre interlocuteur, ce, pour dénoncer cette proposition de son parti.
Autant dire que ce n’est pas demain l’aube !

Jean Michael