11
Mer, Déc

Politique

Sous le règne du 1er Président ivoirien, il cultiva la solidarité vraie, l’amour de l’homme, la paix par le dialogue, la justice, la fidélité à ses amitiés...


Dia Houphouët, surnommé par sa sœur Houphouët-Faitai, ‘’HUA’’, qui signifie en baoulé le soleil (parce que pour elle, son frère est l’astre qui éclaire tout le monde, la lumière qui dissipe les ténèbres et permis aux Ivoiriens de voir clair, in Rencontres avec Félix Houphouët-Boigny de Frédéric Grah Mel), est né le 18 octobre 1905 dans le village de N’Gokro, situé au centre de la Côte d’Ivoire dans la Région des Lacs qui regroupe également les départements de Toumodi, Tiébissou et Didiévi ; au cœur du ‘’V’’ baoulé. N’Gokro, village originel, a été rebaptisé Yamoussoukro en hommage à la reine Baoulé, Yamoussou, le suffixe Kro signifiant village en langue Baoulé.
De par sa mère, Kimou N’drikan, il est descendant d’une lignée de chefs animistes (il a été chef de N’gokro de1939 à 1945) ; ce qui lui a permis de maîtriser parfaitement les codes de la culture baoulé, sur lesquels il a toujours fondé sa conception des relations publiques et relations humaines. En 1910, à l’assassinat de son oncle maternel Kouassi N’Go, accusé de collusion avec les Français, il devient l’héritier présomptif de la chefferie des Baoulés-Akouè, du fait du décès prématuré de son père.  Lequel père N’dolly Houphouët, orpailleur, est originaire de Gbloyakro, village situé dans la sous-préfecture de Didiévi. Dia Houphouët fréquente l’école du poste militaire de Bossi, situé près de son village. Compte tenu de son rang, et malgré les réticences familiales, il est envoyé par l’administration coloniale à l’école primaire supérieure de Bingerville en 1915. La même année, il adopte le prénom de Félix en se convertissant au christianisme.


Élève studieux, voire excellent, il poursuit ses études à l’école normale William-Ponty de Gorée (Sénégal), où il obtient le diplôme d’instituteur en 1921, puis à l’école de médecine de Dakar (Sénégal), capitale de l’Afrique-occidentale française (A-OF) à laquelle est intégrée la Côte d’Ivoire. Il en sort major de sa promotion en 1925. Il exercera par la suite comme médecin à Abengourou et à Dimbokro etc. Mais très vite, la lutte pour une meilleure rémunération des planteurs africains, spoliés par les Colons, devient sa raison d’être, à travers le syndicat agricole africain. C’est à Treichville, à Abidjan, en Côte d’Ivoire, en 1946, qu’il crée, avec certains de ses ainés, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci), une section du Rassemblement démocratique africain (Rda), pour donner une assise politique et une envergure nationale, à ses actions. Lesquelles actions dont certaines menées dans la douleur, comme la répression des militants du Pdci-Rda en 1949 à Dimbokro et en 1950 à Bouaflé, vont conduire le pays à l’indépendance en 1960. 

Un jour de l’année 1965, il y a eu, à Yamoussoukro, ce qu’on a appelé plus tard, la grande leçon de Yamoussoukro. Le Président Félix Houphouët-Boigny a fait visiter ses plantations par les cadres de la Nation et les a invités à transposer, au niveau de leurs propres villages, les efforts et les réalisations agricoles menées à bien jusqu'ici. Le 21 juillet 1977, le 1er président de la Côte d’Ivoire offrait généreusement ses plantations à l'État ivoirien. Sa vision, fondée sur le bonheur du peuple africain, lui a permis de bâtir une Nation multiethnique et cosmopolite où ont afflué de nombreuses populations de la Cedeao ; notamment ; dans la paix qui est pour lui, l’arme des forts, symbolisée par la Basilique Notre Dame de la Paix de Yamoussoukro, la plus grande du monde. Il meurt le 07 décembre 1993 d’une prostatite, à 88 ans.
En février 1994, Yamoussoukro accueillit les funérailles du Père de la Nation ivoirienne, Félix Houphouët-Boigny. La cérémonie, grandiose, s’est déroulée en présence de 27 Chefs d'État et de représentants de 120 autres pays. Le nombre total d'invités s'élevait à 7 000 et le coût de la manifestation est estimé à environ 630 millions de francs CFA. Ces funérailles ont été également l'occasion de la tenue d'un sommet des Chefs d’État de la Zone Franc pour traiter particulièrement des conséquences de la dévaluation du FCfa, intervenue en janvier 1994.

Le Président français, François Mitterrand et le Premier ministre Édouard Balladur représentaient la France.
Selon Jules Yao, l’un des animateurs des journaux ‘’Fraternité Hebdo’’ et le ‘’Démocrate’’, organes officiels du Pdci-Rda et auteur du livre ‘’Yamoussoukro, au cœur de la Côte d’Ivoire’’, pendant le règne du 1er Président ivoirien, ‘’il cultiva la constance dans ses propos, la solidarité vraie, l’amour de l’homme, la paix par le dialogue, la justice, la fidélité à ses amitiés et l’amélioration des conditions de vie des producteurs de matières premières. C’est sans doute son combat sur ces différents dossiers que la communauté internationale a voulu honorer par sa présence massive lors de ses obsèques en février 1994’’. (in Rencontres avec Félix Houphouët-Boigny de Frédéric Grah Mel  P33).


L’histoire extraordinaire de son mariage avec Marie-Thérèse Brou

Marie-Thérèse N’Goran Brou est née le 17 septembre 1930 ; de Lambert Yao Brou, Inspecteur des Douanes en Côte d’Ivoire et de Suzanne Aya Folquet. Les familles Folquet et Brou font partie des premières familles bourgeoises formées au début du XXe siècle en Côte d’Ivoire.
La famille Brou est originaire du village royal de Sakassou, apparentée à la grande dynastie « Ahoua du Walêbo ».
Thérèse Brou fait sa scolarité à l'École normale de filles de Bingerville (la 2è capitale après Grand-Bassam ; de la Côte d’Ivoire) et au lycée qui sera baptisé plus tard Mamie Faitai de Bingerville. Ses aptitudes scolaires lui valent de compter parmi les 13 filles des 148 boursiers qui seront envoyés en France dans le cadre de leurs études en 1946 (dénommé Aventure 46) ; à l’instigation du député ivoirien en France d'alors, Félix Houphouët-Boigny. C’est donc adolescente, et à 16 ans, qu'elle foule, pour la 1ère fois le sol de la France, où elle choisit de se spécialiser dans l'assistance. 
Elle rencontre Félix Houphouët-Boigny, alors député, au tout début des années 1950, à Paris (France), lors d'un déplacement de celui-ci, pendant qu'elle est encore qu'étudiante.

Tombé sous le charme et la beauté phénoménale de la jeune femme, le député Houphouët-Boigny manifeste rapidement le désir de l'épouser, alors qu’il était déjà uni à Kadhidja Racine Sow, pour qui il avait reçu une ‘’dispense de disparité de culte’’, délivrée par le Pape afin de l'épouser à l'église. Kady Sow était musulmane et une union avec une non-chrétienne était, en ce temps-là, un phénomène d'une rareté absolue. C'est l'autorisation pour la rendre possible que l'on appelait la ‘’dispense de disparité de culte’’. Mais le caractère exceptionnel de son mariage religieux n'empêchera pourtant pas Félix Houphouët-Boigny de se séparer, en 1950, de Kadhidja Sow qui lui aura donné quatre enfants. Malgré les nombreuses difficultés, Houphouët-Boigny épouse la jeune Thérèse Brou en secondes noces. Jean Delafosse, Officier d'état civil, célèbre ce mariage le 22 juillet 1952, à l'hôtel de ville d'Abidjan. C’est en 1964 que le Vatican autorise un mariage religieux (fait rarissime et le second (acte exceptionnel) pour Houphouët-Boigny). Seize années plus tard, c'est Monseigneur Bernard Yago lui-même, qui mariera religieusement Félix et Thérèse. La cérémonie, fixée au 9 mai 1980, a eu pour cadre la chapelle privée de la résidence de l'Archevêque à Cocody (Abidjan). Elle devient dès lors Marie-Thérèse Houphouët-Boigny.
Le couple n'aura pas d'enfants ensemble, mais adopte officiellement deux enfants : Hélène et Olivier. Marie-Thérèse Houphouët-Boigny adoptera par la suite, deux autres filles : Marylise et Myriam.
 

SYLVAIN NAMOYA