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Mer, Déc

Les jeunes en Côte d'Ivoire ont de en plus soif de démocratie (Ph d'archives)

Politique

Il faut renforcer la démocratie en Côte d’Ivoire afin de permettre au plus grand nombre de participer aux processus de décisions relatives à la vie de l’Etat.


Une vingtaine de jeunes ont répondu à l’invitation d’Edupol initiative, le 6 Novembre 2019, à la salle de conférence de la Commission nationale ivoirienne de l’Unesco à Cocody Mermoz, pour échanger sur la démocratie en Côte d’Ivoire. C’est la quatrième fois que cette organisation rassemble des jeunes de divers horizons pour raffermir leur culture politique.
A l’entame de cette séance de formation, un film réalisé par la structure a été projeté afin de montrer l’état des lieux de la connaissance des populations sur la démocratie. Dans ce micro-trottoir, les personnes interrogées dans les communes d’Abidjan avaient énormément de difficultés à définir la démocratie et du dégout pour la politique. Le panel qui a suivi, a permis aux participants de s’accorder sur la définition de la démocratie et de constater que les pratiques démocratiques ne sont pas encore enracinés en Côte d’Ivoire. Pour eux, le pays a manqué à plusieurs occasions, depuis les années quatre-vingt-dix, de bâtir une démocratie forte et durable. L’inculture politique des jeunes en particulier, l’éthnisation des débats politiques et l’ignorance des moyens de recours pacifiques ont été identifiés comme les causes principales de ces échecs.

Pour l’intervenant et facilitateur de ces échanges, Harold Toualy, juriste et spécialiste en stratégie de communication en milieu universitaire, la démocratie, ce ne sont pas que des textes, ni que d’institutions mais plutôt un ensemble de comportements qui doivent être observables dans les situations, les rapports entre les personnes. La démocratie est une doctrine politique d'après laquelle la souveraineté doit appartenir à l'ensemble des citoyens, au peuple. C’est une organisation politique où le respect de la liberté et de l’égalité des citoyens est la mesure de toutes les actions. Ce qui n’est pas encore le cas, ont constaté les participants. D’où la nécessité d’un renforcement de la démocratisation en Côte d’Ivoire afin de permettre au plus grand nombre de participer aux processus de décisions relatives à la vie de l’Etat.
Mais cette démocratisation ne doit pas se faire par des tirs sur les institutions, mais plutôt par un changement de mentalité de la jeunesse surtout. Au lieu de se complaire dans l’ignorance, les fuites en avant et ses inclinations pour la violence comme moyen unique d’expression, elle doit connaitre et pratiquer les voies et recours pacifiques lorsqu’ elle veut défendre la démocratie. Les jeunes invités se sont engagés à jouer leur partition et faire jouer les autres également les leurs pour que 2020 soit diffèrent de 99, 2000,2002 et 2010.
Aux leaders des partis politiques, les jeunes de la quatrième session d’Edupol initiative recommandent de privilégier l’investissement pour la formation véritable de la jeunesse au processus électoral, au détriment la pure indication de la case à cocher le jour de l’élection.

C’est aussi un message lancé à d’éventuels insatisfaits de l’état actuel de la démocratie, afin qu’ils choisissent les moyens souples et pacifiques de revendication, car jusque-là, la violence n’a pas conduit à la démocratie escomptée. Pour preuve, les leaders ayant opté pour les revendications pacifiques menées par Martin Luther King, Kwame N’Krumah, Rosa Park font encore école.
Le Secrétaire Général de la Commission nationale de l’Unesco, le Pr Soro N’Golo Aboudou, a traduit au participant le soutien de son institution à cette initiative qui s’inscrit dans la culture de la paix.
Créée en septembre 2018 pour renforcer l’éducation relative à la politique, la démocratie, les moyens de revendication pacifique Edupol Initiative veut susciter, selon Mory Grambouté, le fondateur et le Directeur exécutif, chez les jeunes, une participation positive à la vie politique afin d’éviter les violences connues ces dernières décennies.

Rappelons qu’Edupol Initiative a, à son actif, depuis sa création, des campagnes médiatiques sur les réseaux sociaux, des émissions radiophoniques et un projet d’émission télé, baptisée « Notre part de vérité », qui sera un espace d’expression pour les jeunes de se prononcer sur des sujets qui les concerne en matière de démocratie. Pour le président Gramouté Mory les jeunes doivent sortir de l’indifférence ou du suivisme aveugle de certains leaders politique, et s’engager dans des débats constructifs et non contradictoires concernant la politique, la démocratie et tout ce qui est relatif à la citoyenneté
Cette structure, se voulant pragmatique, a amené les participants à identifier en travaux d’ateliers, des actions et solutions concrètes afin de les implémenter sur le terrain.

                                                                  Franck TAGOUYA