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Lun, Mar

Alassane Ouattara a fait sa déclaration devant députés et sénateurs réunis en congrès à Yamoussoukro.

Politique

Autre couteau sous la gorge de l’épouse de Dominique Ouattara, l’épineux problème de la Commission électorale indépendante (Cei).


Alassane Ouattara, Président de la Côte d’Ivoire, a fini par annoncer qu’il ne sera pas candidat à la Présidentielle du 31 octobre 2020. Après son tango. L’annonce a été faite ce jeudi, 05 mars 2020, à la Fondation Houphouët-Boigny pour la Recherche de la paix de Yamoussoukro, devant les députés et sénateurs réunis en congrès. En vérité, le N°1 ivoirien se trouve face à de nombreux défis et autres dilemmes, à quelques mois de la présidentielle d’octobre prochain. Après deux mandats en effet, la Constitution ivoirienne du 08 novembre 2016, ne l’autorise plus à briguer un autre mandat, sauf à s’obstiner comme en Guinée où Alpha Condé tente envers et contre tout, de modifier la Constitution pour être candidat ou au Togo, où la modification constitutionnelle a permis à Faure Gnassingbé de se faire réélire et de remettre le compteur à zéro. En outre, le dossier de la candidature d’Amadou Gon Coulibaly, actuel Premier ministre et son préféré pour lui succéder à la présidence de la République, est plus sérieux que ne le croyait Alassane Ouattara. Il a du mal à passer après de ses ouailles et le mécontentement gagne du terrain. Chaque jour un peu plus. La plupart des nouvelles recrues du Pdci-Rda au Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp, coalition au pouvoir), amenées par Daniel Kablan Duncan, Vice-président de la République et Jeannot Ahoussou-Kouadio, Président du Sénat, se sentent flouées.

Dans la modification de la Constitution annoncée à Yamoussoukro, le N°1 ivoirien qui s’est fait le champion de la promotion de la vice-présidence de la République dans la du 08 novembre 2016, propose que le vice-président soit nommé par le Président élu. Alors que dans l’actuelle Constitution, le Président et le vice-président sont élus sur la même liste, comme aux Etats-Unis d’Amérique. Pour certains analystes, c’est pour nommer Ahoussou Jeannot au détriment de Kablan Duncan. Pourtant, d’autres soutiennent que le clash entre Henri Konan Bédié, président du Pdci-Rda et Alassane Ouattara, lequel a débouché sur la sortie du 1er cité du Rhdp, est consécutif au refus de Bédié de proposer Duncan comme candidat du Pdci-Rda en 2020. Comment créer donc la cohésion au sein du parti au pouvoir autour du candidat Gon Coulibaly au moment où son image, au dire de nombreux analystes, a du mal à passer auprès de l’opinion ? La tâche est loin d’être aisée pour Ouattara. Surtout quand la fronde est menée par un de ses fidèles partisans, Marcel Amon-Tanoh, ex-Directeur de cabinet du Président de la République et actuel ministre des Affaires étrangères. Autre couteau sous la gorge de l’épouse de Dominique Ouattara, l’épineux problème de la Commission électorale indépendante (Cei).

Ni son opposition, ni la société civile ivoirienne, ni la Communauté internationale (Onu, Ua, Cedeao, Union européenne…), ne cautionne une Cei monocolore en 2020 qui est loin de garantir la sincérité du scrutin encore moins des élections transparentes. Ouattara qui a dû se faire adouber par cette communauté internationale contre Laurent Gbagbo en 2010-2011, sait de quoi elle est capable dans le ternissement de l’image d’un pays. On n’oublie pas le cas Guillaume Soro, ancien Président de l’Assemblée nationale, actuellement en exil en France ; accusé par le pouvoir ivoirien de préparer un coup d’Etat et contre qui est lancé un mandat d’arrêt international. Un véritable os dans la gorge de Ouattara. L’ancien Secrétaire général de la Fesci entend se mettre avec Bédié et sa plateforme pour chasser le Rhdp du pouvoir, par les urnes.  Autant de défis qui pourraient faire oublier, si l’on y prend garde, les applaudissements des députés et sénateurs à Yamoussoukro, à l’annonce de la non candidature du ‘’bravetchè’’. Le Président ivoirien joue désormais sa crédibilité s’il veut faire une sortie honorable du bourbier ivoirien, après la crise postélectorale de triste mémoire, qui a fait officiellement plus de 3 000 morts entre 2010 et 2011

Jean Michael