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Mer, Déc

Société

Le regard est également tourné vers l’Etat afin que les transferts de compétence aux communes soit vraiment suivi de ressources financières pour que les élus locaux puissent prendre à bras le corps, les aspirations profondes et légitimes des populations.


Les pluies diluviennes qui s’abattent sur Abidjan, depuis des jours, occasionnent plusieurs conséquences. Elles ont déjà fait, officiellement, vingt (20), morts et plus d’une quarantaine de blessés dans tout le pays. Plusieurs communes sont inondées, notamment celle de  koumassi, où  les eaux envahissent les voies et les maisons. Les marchés ne sont pas épargnés. Les habitants de cette localité disent vivre une situation très difficile.

Difficulté à dormir et à sortir de leurs cadres. La population vit un véritable calvaire avec les récentes pluies tombées.   Ils connaissent un bouleversement dans leur vécu quotidien. Cette situation peu reluisante pour les habitants, sont, selon plusieurs personnes interrogées, due aux  caniveaux  bouchés et aux  voies dégradées, qui empêchent, bien souvent, le passage de  l’eau.  Sans oublier les constructions anarchiques des riverains. L’eau finie par se stagner dans les rues, les cours,  pour ensuite remplir les dortoirs.

Les populations exposées aux nombreuses maladies
Difficile de vaquer à ses occupations  sans mettre les pieds dans l’eau sur une longue distance. Pour Madame Yéo, ces moments sont les plus difficiles qu’elle vit avec ses enfants. Elle  a indiqué que pendant la pluie du dimanche 11 juin dernier, elle était obligée de faire entrer les tables sur lesquelles elle fait son commerce dans le salon pour coucher ses enfants, car dit-elle, sa maison était pleine d’eau. Bernadette, elle, affirme avoir  envoyé ses enfants chez leur grand-mère afin d’éviter qu’ils restent dans l’eau. Selon elle, l’eau qui entre dans la maison n’est pas seulement l’eau de la pluie, mais aussi l’eau des toilettes que les gens vident pour que le courant d’eau les emporte. « Nous sommes exposés à de nombreuses maladies, à cause des eaux usées qui proviennent des égouts et les gens profitent également de la pluie pour vider leurs toilettes », s’indigne-t-elle.


Certains habitants pointent un doigt accusateur vers les maires des communes inondées.
Jean Akmel,  habitant dans le quartier ‘’3 ampoules’’, à koumassi, dit ne pas comprendre que sa commune soit dans un tel état. « On souffre ici », affirme-t-il. Pour lui rien n’est fait pour aider la population. Quant à véronique N’Dry, elle n’est pas du même avis qu’Akmel. Elle accuse la population de ne pas prendre soin des investissements réalisés dans la commune par la mairie. Elle déclare avoir été plusieurs fois témoin de ‘’scènes déplorables’’ comme le fait que des femmes déversent leurs ordures dans les caniveaux.  

Les commerces tournent au ralenti et le chiffre d’affaires baisse 
Le secteur informel n’est pas épargné par les pluies diluviennes, Mariam Koné,  vendeuse de légumes au grand marché de Koumassi, affirme ne pas pouvoir vendre comme auparavant à cause des fortes pluies qui tombent sur la capitale économique ivoirienne. Elle voit son commerce tourner au ralenti et son chiffre d’affaires baisser  pendant cette période. Elle n’est pas la seule. Comme elles, les vendeuses de beignets en cette période de carême, observent aussi souvent des jours d’inactivité. 

Les automobilistes eux, expliquent qu’ils vivent cette situation avant les pluies diluviennes, à cause des nombreux nids de poules qui jonchent les rues de cette commune dirigée par le maire N’dohi Raymond. Oumarou, chauffeur de taxi, dit avoir des difficultés à obtenir sa recette journalière. Quand il pleut, soutient-il, en plus des nids de poules, les eaux de ruissellement envahissent les voix principales. « Il y a des risques d’endommager mon véhicule, je préfère le garer quand il y a une forte pluie »,  a-t-il ajouté.


Pour les habitants de cette localité, le maire doit encore plus travailler pour sa commune. La solution qu’ils préconisent, c’est de déboucher les caniveaux pour que l’eau puisse passer facilement.
Du côté de la mairie, outre l’incivisme de la population qu’on dénonce, le regard est également tourné vers l’Etat afin que les transferts de compétence aux communes soit vraiment suivi de ressources financières pour que les élus locaux puissent prendre à bras le corps, les aspirations profondes et légitimes des populations.

Le lundi 26 juin dernier, le gouvernement, par la voix de la ministre Mariatou Koné, de la Femme, de la Protection de l’Enfant et de la Solidarité, a traduit sa compassion aux victimes. C’était à Gobelet dans la commune de cocody. 447 millions ont été dégagés pour les soutenir. Onze familles de victimes dans le District d’Abidjan ont reçu, chacune, 500 000FCfa et chaque blessé, 26 000F. les blessés ont été pris en charge par le ministère de la santé et de l’hygiène publique. La pluie a également détruit plus d’une centaine de maisons. Chaque propriétaire percevra 300 000 Fcfa pour se reloger.

Julienne Zi