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Sam, Déc

Société

Les travailleurs de Fraternité Matin dénoncent un règlement de compte de leur Directeur général, Venance Konan, avant son départ à la retraite le 12 décembre prochain.


Au terme d’une Assemblée générale extraordinaire, lundi 26 novembre 2018, les travailleurs du Groupe de presse Fraternité Matin ont organisé un sit-in, en bandeau rouge, dans la cour de l’entreprise, place Laurent Dona Fologo, ex-Rédacteur en Chef de cet organe, né le 09 décembre 1964, pour exiger le départ de leur Directeur général, Venance Konan, pour mauvaise gestion.

Depuis le 16 novembre dernier, ceux-ci ont été informés par leurs délégués du personnel, de la volonté, unilatérale, de la direction générale du Groupe Snpeci, éditeur de Fraternité Matin, de licencier 123 d’entre eux, pour ‘’motifs économiques’’.
Pourtant, au dire de Marcelline Gnéproust, super Ebony 2012 (prix du meilleur journaliste du pays) et porte-parole des travailleurs à déflater, le 18 décembre 2018, selon les critères élaborés unilatéralement par la direction générale plus 80% des personnes figurant sur la liste ne sont pas concernés par lesdits critères.

Et d’égrener les trois critères retenus par le rapport d’audit commandé par le gouvernement :
- il s’agit d’emplois ne correspondant plus au nouveau modèle économique de la Snpeci. Ce sont des emplois à faible valeur ajoutée ; c’est-à-dire qui ne participent pas au cœur-métier qui est la presse et l’imprimerie (sécurité, maintenance, entretien…), médecine du travail, les chauffeurs…

– des travailleurs faiblement qualifiés. Ils sont pour la plupart dépourvus de prérequis qui devaient permettre, si besoin en étaient d’être reconvertis. Seulement l’analyse de leur profil individuel n’autorise pas une reconversion, par la formation, le coaching ou le tutorat sur de nouveaux emplois.
– des salariés en situation particulière (congé maladie de longue durée) ou tout autre cas d’indisponibilité.

 Au vu desdits critères, Marcelline Gnéproust et ses amis se demandent comment des journalistes et des directeurs de département ont-ils pu se retrouver sur cette liste.
C’est pourquoi ceux-ci dénoncent un règlement de compte de leur Directeur général, Venance Konan, avant son départ à la retraite le 12 décembre prochain.

En outre, s’interrogent-ils, ‘’pourquoi c’est nous qui devons payer pour sa mauvaise gestion comme le révèle l’audit commandité par le gouvernement et qui fait cas de ‘’graves dysfonctionnements’’.
Le rapport d’audit dont nous avons reçu copie note entre autre, l’absence d’une vision stratégique clairement définie et acceptée par tous, la gestion de l’entreprise en dehors des recommandations et plans d’actions arrêtés au titre du plan stratégique 2011-2015, la dégradation de son outil de production, le niveau pléthorique de son effectif avec 339 agents dont 51 temporaires. A tous ces dysfonctionnements notables qui obèrent les comptent de l’entreprise, il faut ajouter que les charges de personnel représentent 60% du chiffre d’affaires de l’entreprise et plus du tiers des charges d’exploitation, la politique de gestion des ressources humaines est déconnectée de l’évolution de l’activité, la mise en œuvre tardive d’un schéma directeur informatique etc.

Les travailleurs de Fraternité Matin demandent donc le départ de Venance Konan, Directeur général, pour mauvaise gestion et le retrait pur et simple de plan social tel qu’il est appliqué à l’heure actuelle qui, pour eux, n’a rien de social, vu ‘’la chasse aux sorcières opérée’’.
Ils prient les autorités, conformément à la déclaration faite par leur ministre de tutelle, Sidi Touré, au sortir du dernier Conseil des ministres, d’accompagner ‘’dignement’’ ces pères et mères de famille à la retraite après avoir consacré, pour beaucoup, toute leur vie à cette entreprise de service public.

Clémentine Touré