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Lun, Déc

Société

Pour échapper à ses poursuivants, le fonctionnaire escroc et son épouse ferment leurs portables. Mais il est repéré un an plus tard à Dimbokro.


Contrairement à l’atmosphère détendue qui régnait lors des audiences, ce 31 juillet, le dernier jour des audiences avant les vacances judiciaires au tribunal de Dimbokro a été marqué par une lourdeur dans la salle et la compassion qui se lisait sur les visages. Et pour cause, un couple de fonctionnaires, Tafin Gérard, âgé de 47 ans, inspecteur de travail et des lois sociales, en fonction à Dimbokro et son épouse, Kpao Marinette, âgé de 42 ans, secrétaire administrative en fonction à Abidjan, ont été condamnés à 10 ans de prison ferme, pour délit d’escroquerie portant la somme de 30 millions de FCfa. Les faits remontent courant 2016. A la faveur des concours professionnels, Djè Bi Patrice, professeur d’Histoire géographie, en fonction à Bouaflé se rend à Daloa pour le dépôt de ses dossiers à l’antenne de la Fonction publique. C’est là qu’il rencontre Tafin Gérard, un ami de longue date. Ce dernier lui fait croire qu’il maitrise les rouages des concours professionnels et que Dieu vient ainsi de le conduire vers la personne qu’il faut, pour qu’il puisse monter en grade. 

Leurs échanges finissent par convaincre le professeur qui ne tarde pas à lui verser la somme de 6 500 000 millions de FCfa. Le total des montants devant servir, à sept personnes, d’accéder successivement au grade d’inspecteur de l’enseignement primaire ou inspecteur d’orientation, maitresse d’éducation permanente et cinq cas de Cafop. A ceux-ci s’ajoutent 12 autres personnes ; soit un  total de 19 personnes  pour un total de 30 millions qui devront passer par des moyens détournés dont lui seul et son épouse à l’antenne de la fonction publique d’Adjamé maitriseraient le circuit. En réalité c’était de la pure escroquerie, car à l’issue du concours en 2017, c’est la désillusion pour toutes ces personnes, friandes de la facilité. Ils font échec en bloc. C’est alors que débutent les pressions sur Tafin pour qu’il rembourse l’argent perçu. Pour échapper à toutes ses poursuivants, son épouse et lui ferment leurs portables et coupent ainsi tout réseau. Mais il est repéré un an plus tard à Dimbokro, où il est muté. Il est alors interpelé et son épouse complice le rejoint sans difficulté. A la barre, le couple collabore mais le point d’achoppement se situe au niveau du montant escroqué. Pour le procureur, il s’agit bel et bien d’un cas de complicité d’escroquerie avéré. Il requiert donc la peine de 10 ans contre l’époux et 3 ans pour la dame. L’affaire est alors mise en délibérée. A l’audience du 31 juillet, le tribunal condamne, en définitive, le couple à la peine commune de dix années de prison ferme.

E. ZOUHOMAN