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Mer, Déc

Société

Au mépris des lois ivoiriennes, Venance Konan recrute à Fraternité Matin alors qu’il a licencié abusivement 123 travailleurs pour motifs économiques.


Le quotidien pro-gouvernemental Fraternité Matin, créé le 09 décembre 1964, veut fêter ses 55 ans d’existence. Avec faste. Malgré une gestion ‘’calamiteuse’’ où ‘’les charges de personnel représentent 60% du chiffre d’affaires de l’entreprise et plus du tiers des charges d’exploitation’’, révélée par un audit commandité par le gouvernement ivoirien. Et qui a eu pour conséquence, le licenciement de 123 de ses agents, le 18 décembre 2018. Au menu de cette commémoration dispendieuse pour les caisses de l’entreprise et du contribuable ivoirien : un colloque international, un diner Vip à l’hôtel ivoire, un méga concert ‘’gratuit’’, au stade Félix Houphouët-Boigny de la capitale économique du pays, qui compte 40 000 places.
Des sources proches du dossier spéculent sur des centaines de millions de Fcfa de budget que pourraient décaisser cette entreprise, pour cette manifestation, alors que le Directeur général de Fraternité Matin, Venance Konan, refuse d’exécuter des décisions de justice quant au paiement effectif des droits des travailleurs abusivement renvoyés en 2018.

Sur la liste des ‘’123 victimes de la mauvaise gestion de Venance Konan’’, figure 11 journalistes et 11 travailleurs protégés (délégués de personnel et syndicalistes) dont 05 journalistes ; qui dénoncent depuis des années, la mal gouvernance du directeur général de cette entreprise publique. Après avoir saisi le ministère de l’Emploi et de la Sécurité sociale pour licenciement abusif par 04 journalistes : Alakagni Hala, Marceline Gneproust, Presthone Brou et Théodore Sinzé, ledit ministère a ordonné leur ‘’réintégration immédiate’’ à la rédaction du Groupe de presse. Mais Venance Konan a décidé de réintégrer seulement les deux premiers. Le Parquet saisi a donc enjoint Fraternité Matin de payer leurs droits pour licenciement abusif. Ce que refuse les dirigeants de cette entreprise qui font trainer les choses en longueur en allant de saisine en saisine. L’affaire avait été mis en délibéré pour le 10 octobre dernier, après les deux mois de vacances judiciaires. Alors que le verdict était attendu pour le 17 octobre, sont intervenues les affectations dans le milieu judiciaire, le 14 octobre. Le juge en charge de l’affaire a été muté. Le nouveau juge en charge du dossier, pour être plus au fait du dossier, a décidé de renvoyer l’affaire au 14 novembre 2019.


Quant à Sylvain Namoya, son dossier de recours hiérarchique, déposé le 28 décembre 2018, est toujours bloqué, sans raison, au ministère de l’Emploi et de la Protection sociale dirigé par Pascal Abinan Kouakou ; notamment à la direction générale de l’Emploi.
Outre les journalistes, le responsable des vigiles, le médecin de l’entreprise et un collectif de 86 agents ont décidé d’ester en justice. Fraternité Matin est condamnée par la justice ivoirienne à payer plusieurs centaines de millions de Fcfa pour dommages et intérêts à ses ex-employés. Mais ses dirigeants refusent de s’exécuter. Ils sont certainement au-dessus des lois de ce pays, avec la bénédiction du gouvernement ivoirien qui déclare pourtant dans les discours officiels être adepte de la bonne gouvernance et qui, pour 2019, aurait élaboré un programme social au bénéfice des populations de la Côte d’Ivoire.

Pire, les dirigeants de Fraternité Matin, certainement en conflit avec les lois du pays, ont commencé à recruter de nouveaux agents depuis quelques jours. L’Article 18.9 DU CODE DU TRAVAIL de la Loi N°2015-532 du 20 juillet 2015, stipule pourtant : ‘’ Constitue un licenciement pour motif économique, le licenciement opéré par un employeur en raison d’une suppression ou transformation d’emploi, consécutives notamment à des mutations technologiques, à une restructuration ou à des difficultés économiques de nature à compromettre l’équilibre financier de l’entreprise. LE TRAVAILLEUR CONGÉDIÉ PAR SUITE DE LICENCIEMENT POUR MOTIF ÉCONOMIQUE BÉNÉFICIE PENDANT DEUX ANS D’UNE PRIORITÉ D’EMBAUCHE DANS LA MÊME CATÉGORIE D’EMPLOI.
Le travailleur bénéficiant d’une priorité d’embauche est tenu de communiquer à son employeur tout changement d’adresse survenu après son départ de l’établissement. L’employeur est alors tenu, en cas de vacance d’emploi, d’aviser le travailleur intéressé par tout moyen laissant trace écrite’’.
Ont été recrutés : Beugré Djeketou Marlaine (Audit interne), Koné Ahmed  Cheick (direction financière et comptable), Assémien Soko Jean  (moyens généraux), Coulibaly P. Hermann (Chef du service stratégie marketing et communication),


Rédaction
Gonto Édouard, Secrétaire de rédaction en chef
Didi Serge Armand, Secrétaire de rédaction
Coulibaly Mariam, Secrétaire de rédaction


Clémentine Touré