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Lun, Mar

Société

Joignant l’acte à la parole, 259 enseignants ont été privés de leurs salaires du mois de janvier pour fait de grève.

La Coalition des syndicats du secteur éducation-formation de Côte d’Ivoire (Cosef-ci), et le ministère de l’Education nationale de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle ne semblent pas être sur la même longueur d’onde. Le ministère dirigé par Mme Kandia Camara, a convié les responsables la Cosef-ci à une réunion à son cabinet pour les dissuader d’adhérer à l’opération immobilière menée par la Mutuelle des personnels de l’éducation/formation(Mupenet), aux fins d’accéder à une propriété immobilière. Selon les clauses du protocole d’Accord, signé avec le ministère, ‘’les bénéficiaires disposeront de logements à moindre coût, sans aucun apport initial ; soit en accès direct, soit par la location-vente’’.

Un projet pour lequel, affirme-t-on, l’Etat va s’engager à hauteur de plus de trois cent milliards (300 000 000 000) de francs cfa.
Mais la faitière des personnels du secteur éducation/formation dudit ministère, a produit un communiqué pour réitérer qu’elle ‘’ne se sent pas concernée’’ par un quelconque programme immobilier en faveur des enseignants en remplacement de la revalorisation de leurs indemnités de logement, un des points des revendications. Elle rappelle à l’opinion publique qu’elle reste ‘’préoccupée’’ par la satisfaction des points de revendication portés devant l’État de Côte d’Ivoire et qu’elle attend toujours, la rencontre délibératoire convenue avec le Premier ministre, Amadou Gon Coulibaly, pour la suite ‘’claire’’, à donner. La Cosef-ci a donc appelé ses membres à observer avec ‘’dignité et honneur’’, le mot d’ordre de grève en restant chez eux du mardi 28 au jeudi 30 janvier 2020, à l’effet d’obtenir la satisfaction de leurs légitimes revendications ; grève suivie à plus de 57%, selon Ako Nomel, son responsable.
 
En sus, la Cosef-Ci appelle au boycott du concours professionnel que la direction des ressources humaines entend organiser. Pour ce syndicat, il n’est pas du ressort du Directeur des ressources humaines (Drh), d’organiser des concours, mais plutôt celui de la Fonction publique. Selon les enseignants de ce syndicat, c’est cette structure qui met du personnel à la disposition du Drh. Le syndicat proteste d’ailleurs contre le profil de carrière, car elle informe que le Drh a ‘’transformé certaines fonctions en emplois’’. C’est le cas par exemple du Conseiller pédagogique du primaire, de l’éducateur, de l’inspecteur Général...... ‘’Chose encore plus grave et inacceptable, le Drh veut mettre tous les grades dans le même panier, alors que les fonctions diffèrent’’, tempêtent-ils.

Du côté du ministère, on déclare que ‘’la Cosef-ci fait preuve de mauvaise foi en méprisant les efforts de l’Etat en faveur des acteurs du système éducatif’’. Le ministère ne peut souffrir que le fonctionnement de l’institution scolaire soit parfois « mis à mal par des arrêts de travail et des mouvements d’humeurs qui débouchent sur de violentes manifestations ». L’acquisition d’une propriété immobilière, favorisée par l’Etat, faut-il le rappeler, en faveur du personnel de la grande famille de l’éducation-formation, est pour le ministère la réponse durable et définitive à la problématique du logement à laquelle se trouve confronté le fonctionnaire ivoirien. Il est donc ‘’hors de question ‘’, d’empêcher le personnel d’en jouir pleinement, en semant le doute et les troubles. Le ministère menace de faire assumer à toute personne qui aura à son actif, toute action « visant à semer le désordre, l’incivisme dans les établissements scolaires, et compromettre ainsi l’avenir des enfants ». C’est ainsi que le ministère veut préserver « un climat de paix et de concorde, indispensable à la transmission-acquisition des connaissances et savoirs ».

Joignant l’acte à la parole, 259 enseignants ont été privés de leurs salaires du mois de janvier pour fait de grève, selon Ako Nomel. Pour le porte-parole du Cosef-Ci, il est ‘’inadmissible’’ de priver un travailleur de tout son salaire pour trois jours de grève.  C’est « disproportionné et illégal », clame-t-il, dans un communiqué disponible sur la page facebook de la Cosef-ci. En représailles, la Coalition veut lancer une autre grève de trois jours, reconductible, voire le boycott des examens de fin d’année.

Franck TAGOUYA