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Lun, Mar

Yobou-Nampé Clautaire, 2ème adjoint au chef du village d’Abobo Baoulé

Société

Les notables d’Abobo-Baoulé ont fait savoir leur inquiétude à Kakou Martin, Secrétaire général de la Préfecture d’Abidjan.


‘’Nous sommes victimes de notre hospitalité. Nous sommes déçus de la justice ivoirienne parce qu’incapable de régler un problème de litige foncier qui perdure depuis dix (10) ans. Si rien n’est fait pour régler définitivement ce problème, nous allons prendre nos responsabilités à Bahouakoi ces jours-ci. Nous allons mobiliser les hommes et les femmes pour effectuer une descente musclée sur nos terres". Ce sont, entre autre, les propos tenus par des "anciens" du village, des membres de la génération Dougbô, les femmes et la génération Tchagba. C’était au cours d’une réunion de crise, le jeudi 5 mars 2020, présidée par Yobou-Nampé Clautaire, 2ème adjoint au chef du village d’Abobo Baoulé, Amondji Djongon Claude. Dénonçant une expropriation organisée, les villageois d'Abobo Baoulé ont, d'entrée, menacé ceux de Djorobité 1 et 2 et de Bahouakoi.  Ils entendent récupérer leurs terres les prochains jours, parce qu'estimant avoir "trop" été patients selon le premier porte-parole des Tchagba, Bessikoi Fulgence. 
"Nous avons été très patients. Le vase a débordé. Nous allons nous rendre sur le site s'il n'y a pas de solution", a-t-il menacé. Pour rappel, l’érection de Bahouakoi en village, est indexée comme base du conflit foncier qui oppose les communautés villageoises. Ce campement Attié, situé sur les terres d’Abobo-Baoulé, avait, à travers son chef, Sika Bahoua Félix, émis le souhait de se voir ériger en village.

Le village d’Abobo-Baoulé voyait derrière cette démarche une ruse de la part de Félix Sika afin de faire main basse sur ses terres. Parce qu’ayant déjà vécu l’amère expérience avec les villages de Djorobité 1 et 2. Le village d’Abobo-Baoulé récuse alors cette action de l’administration publique ivoirienne.   Il le fait savoir dans un courrier adressé au chef du campement Sika Bahoua Félix, le 14 février 2018.  Et ensuite, dans la réponse à un courrier qu’il a adressé, le 16 février 2009, au chef du village d’Abobo-Baoulé, lui demandant l’autorisation, comme recommandé par le préfet d’Abidjan d’alors, pour passer de statut de campement à celui de village. D’ailleurs, les notables d’Abobo-Baoulé ont fait savoir leur inquiétude à Kakou Martin, Secrétaire général de la Préfecture d’Abidjan lors de sa visite à Bahouakoi à cet effet. Malgré le refus des populations d’Abobo-Baoulé, tutrices de celles de Bahouakoi, reconnaissant avoir reçu des terres à exploiter (d’Abobo-Baoulé) depuis plusieurs décennies, le campement fut érigé en village. Le chef Sika Bahoua Félix obtient un arrêté de nomination en vue de procéder à son lotissement.  Sans l’accord du village-tuteur auquel appartiennent les parcelles. Les soupçons d’Abobo-baoulé vont se préciser lorsque Sika Bahoua Félix va balayer du revers de la main tous les accords signés entre le village d’Abobo-baoulé et celui de Bahouakoi.

Awa Tee